La palette de Pierre

La palette de Pierre

Carnet de bal

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Carnet de bal

 

 

 

 

Caressant la nacre du carnet retrouvé,

Le temps lui rappela sa robe mousseline,

Quand fière et provocante elle avait réprouvé

Qu’on lui prête un mari d’allure pateline.

 

Ne goûtant pas le bal des galants de Navale,

Sa gifle avait figé cet amant en cavale.

 

 

 

Et l’Opéra surgit des feuillets du carnet

Suranné du succès des discrètes violettes

Parfumées et sucrées des prénoms en cornet,

Lui berçant la mémoire enfiévrée sous voilette.

 

Quadrilles et galops, Valses et mazurkas

Enchaînant leur tempo, se piquent de polkas !

 

 

 

La dentelle meurtrie de son carnet de bal

Lui sembla ce linceul orfévré de poussière

Dont elle aurait paré l’homme au pêché global,

Déniant aux soupirants une allure princière.

 

Dansant en se moquant des critiques peu feintes,

Jamais ne plongerait son âme en demi-teinte.

 

 

 

Emportée par la ronde et sans que s’atténue

Le rubis de ses joues, son carnet la corsète,

S’appliquant à forcer ses rires ingénus

Qui lui faisaient creuser de charmantes fossettes.

 

À l’éclat du grand lustre, au bronze des flambeaux,

Elle aurait préféré l’éventail en lambeaux.

 

 

 

Soupirant à l’oubli de la désolation

Du bal de ses vingt ans, complice de pucelle,

Repose le témoin de ses flagellations

Refusant les tourments d’un bonheur qui chancèle.

 

Ce fut sous les lilas, bal de la closerie

Qu’elle engagea son cœur épris de boiserie.

 

 

 

 

 

 

Pierre Barjonet

Octobre 2015

 

 

 



02/10/2015
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